L'alopécie androgénétique est la cause la plus fréquente de chute de cheveux, chez l'homme comme chez la femme. C'est elle qui est visée par la grande majorité des traitements présentés dans notre encyclopédie des solutions : minoxidil, finastéride, greffe FUE/DHI, PRP...
À retenir en 30 secondes
- Causée par l'action d'une hormone, la DHT, sur des follicules génétiquement prédisposés
- Touche les hommes dès la puberté, les femmes surtout après la ménopause
- Évolue progressivement, jamais par plaques soudaines
- Se classe en stades : échelle de Norwood-Hamilton (homme) ou de Ludwig (femme)
- Se traite mais ne se guérit pas définitivement sans traitement d'entretien
1. Le mécanisme : le rôle de la DHT
Chez les personnes génétiquement prédisposées, une enzyme appelée 5-alpha-réductase transforme une partie de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT). Cette hormone se fixe sur les récepteurs des follicules pileux du sommet du crâne et des golfes temporaux, et raccourcit progressivement leur phase de croissance (phase anagène).
Cycle après cycle, les cheveux repoussent plus fins, plus courts et moins pigmentés, jusqu'à ce que le follicule ne produise plus qu'un duvet quasi invisible, puis s'épuise complètement. Ce phénomène est appelé miniaturisation folliculaire. Les cheveux des tempes et de l'arrière du crâne, moins sensibles à la DHT, sont généralement épargnés — c'est cette zone qui sert de "zone donneuse" en cas de greffe.
2. Une origine génétique et héréditaire
La sensibilité des follicules à la DHT est en grande partie héréditaire, et peut se transmettre aussi bien par la branche paternelle que maternelle. Plusieurs gènes sont impliqués, dont le gène du récepteur aux androgènes (AR), ce qui explique pourquoi deux frères peuvent être touchés très différemment.
3. Des différences importantes entre hommes et femmes
Chez l'homme, l'alopécie androgénétique débute le plus souvent après la puberté, avec un recul des golfes temporaux et un dégarnissement du vertex qui peuvent, aux stades avancés, se rejoindre.
Chez la femme, une enzyme protectrice (l'aromatase) transforme une partie de la testostérone en œstrogènes, ce qui limite la production de DHT — l'alopécie féminine est donc en général moins sévère, et survient surtout après la ménopause. Elle se manifeste plutôt par un éclaircissement diffus au niveau de la raie, avec une ligne frontale le plus souvent préservée. Une calvitie complète reste rare chez la femme.
4. Les stades de l'alopécie androgénétique
Pour évaluer la progression et orienter le traitement, les professionnels de santé utilisent des échelles de référence, différentes selon le sexe.
| Échelle | Utilisée pour | Nombre de stades | Repère principal |
|---|---|---|---|
| Norwood-Hamilton | Hommes | 7 stades (I à VII) | Recul des golfes + dégarnissement du vertex |
| Ludwig | Femmes | 3 stades (I à III) | Éclaircissement diffus au niveau de la raie |
Ces échelles restent des repères visuels utiles pour se situer, mais elles ne remplacent pas un diagnostic médical : un dermatologue peut confirmer le diagnostic par un examen du cuir chevelu (trichoscopie) et écarter d'autres causes de chute (pelade, effluvium télogène, carences).
5. Quand consulter ?
- La chute est progressive et localisée (golfes, vertex, ou raie) plutôt que diffuse sur tout le crâne
- Des antécédents familiaux de calvitie existent
- Vous souhaitez démarrer un traitement le plus tôt possible : plus il est débuté tôt, plus il préserve de cheveux existants
Traitements associés
Consultez notre encyclopédie des solutions pour comparer les traitements adaptés à cette forme d'alopécie.
📚 Sources
- Dermato-INFO — Tout savoir sur l'alopécie androgénétique
- Échelle de Hamilton-Norwood — Wikipédia
- NCBI/PMC — mécanismes moléculaires de l'alopécie androgénétique induite par la DHT
Contenu à visée informative, ne remplaçant pas une consultation médicale.