SOS-CALVITIE.COM Encyclopédie Spironolactone
Traitements médicaux

Spironolactone : l'anti-androgène de référence contre la chute de cheveux féminine

La spironolactone est un ancien diurétique (utilisé depuis 1960 en cardiologie) devenu, par un effet secondaire découvert de longue date, l'un des traitements anti-androgènes les plus prescrits chez la femme pour l'alopécie androgénétique, l'acné hormonale et l'hirsutisme. Elle n'est en revanche jamais utilisée chez l'homme dans cette indication.

À retenir en 30 secondes

  • Agit comme anti-androgène : bloque l'action de la DHT sur le follicule et réduit la production d'androgènes surrénaliens
  • Utilisée hors AMM en France pour l'alopécie (AMM initiale : hypertension, insuffisance cardiaque)
  • Effets capillaires visibles entre 6 et 20 mois : patience nécessaire
  • Risque principal : l'hyperkaliémie (excès de potassium), surtout chez les patientes à risque
  • Contre-indication absolue pendant la grossesse (risque de féminisation d'un fœtus masculin)

1. D'un diurétique à un traitement hormonal

La spironolactone bloque à l'origine les récepteurs de l'aldostérone dans le rein, favorisant l'élimination du sodium et de l'eau — d'où son usage en cardiologie. Les mêmes récepteurs qu'elle occupe s'étendent aussi aux récepteurs des androgènes : c'est cette propriété, découverte par la suite, qui est exploitée en dermatologie chez la femme.

2. Comment agit-elle sur la chute de cheveux ?

La spironolactone agit sur deux fronts : elle empêche la DHT de se fixer sur les récepteurs androgéniques du follicule pileux, et elle réduit la production d'androgènes par les glandes surrénales. Résultat recherché : un ralentissement, voire un arrêt, de la miniaturisation folliculaire, avec parfois une repousse partielle chez les patientes les plus favorablement répondeuses.

Elle est particulièrement envisagée chez les femmes dont l'alopécie a une composante hormonale marquée : syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), alopécie post-ménopausique, ou hyperandrogénie confirmée par un bilan sanguin.

3. Délai d'action

La posologie est déterminée au cas par cas par le médecin prescripteur, le plus souvent associée à une contraception pour éviter les troubles du cycle. Les effets sur l'acné apparaissent en 2 à 4 mois ; sur les cheveux, il faut compter 6 à 20 mois avant de juger de l'efficacité — la patience est ici essentielle.

4. Effets secondaires à surveiller

  • Hyperkaliémie : le risque principal, pouvant devenir sévère chez les patientes âgées, déshydratées ou polymédiquées — surveillance du potassium recommandée
  • Tension mammaire (3 à 5 % des cas), règles irrégulières
  • Selon une méta-analyse de 2023, taux global d'effets indésirables d'environ 3,7 %, avec un taux d'arrêt pour intolérance d'environ 2,8 %
  • Contre-indication absolue en cas de grossesse : risque de féminisation des organes génitaux d'un fœtus masculin

5. Pour qui ?

  • Femmes présentant une alopécie à composante hormonale confirmée (bilan sanguin des androgènes)
  • En cas de chute liée à d'autres causes (stress, carence), la spironolactone n'a pas d'intérêt démontré
  • Suivi médical avec contrôle régulier du potassium et de la fonction rénale

Cause associée

La spironolactone cible la composante hormonale de l'alopécie androgénétique chez la femme, en alternative ou en complément du minoxidil.

📚 Sources

  • Hairdex — Spironolactone : effets secondaires, mécanismes et gestion pratique (2026)
  • ScienceDirect — La spironolactone en relais de l'acétate de cyprotérone dans l'hyperandrogénie féminine
  • Aleissa et al., Cureus (2023) — méta-analyse spironolactone et alopécie androgénétique féminine

Contenu à visée informative, ne remplaçant pas une consultation médicale.

S
Assistant SOS-CALVITIE● En ligne
Bonjour 👋 Je suis l'assistant SOS-CALVITIE.COM. Comment puis-je vous aider ?