Le finastéride est le traitement oral de référence contre l'alopécie androgénétique masculine. Il agit directement sur la cause hormonale — la DHT — plutôt que de simplement stimuler la repousse. Depuis avril 2026, sa délivrance en France est encadrée par une nouvelle procédure que tout candidat au traitement doit connaître.
À retenir en 30 secondes
- Inhibe l'enzyme 5-alpha-réductase et réduit la DHT sanguine d'environ 70 %
- Efficace chez environ 83 % des hommes pour stopper la chute (stades légers à modérés uniquement)
- Contre-indiqué chez la femme, en particulier en cas de grossesse (risque pour le fœtus mâle)
- Effets secondaires sexuels rapportés chez 1 à 2 % des utilisateurs, le plus souvent réversibles
- Depuis le 16 avril 2026, une attestation d'information partagée cosignée médecin-patient est obligatoire en France pour toute prescription
1. Comment agit le finastéride ?
Le finastéride est un inhibiteur de l'enzyme 5-alpha-réductase de type II, responsable de la conversion de la testostérone en DHT — l'hormone à l'origine de la miniaturisation des follicules dans l'alopécie androgénétique. Pris quotidiennement selon la prescription, il réduit le taux de DHT sanguine d'environ 70 %, ralentissant ainsi la progression de la calvitie et permettant, chez certains patients, une repousse partielle.
Contrairement au minoxidil, il n'agit pas en stimulant directement le follicule mais en s'attaquant à la cause hormonale de la chute. Son efficacité a été démontrée dans plusieurs essais cliniques chez des hommes de 18 à 41 ans présentant une alopécie légère à modérée, non complète, du vertex et de la région frontale.
2. Quelle efficacité attendre ?
Selon les essais cliniques de référence, environ 83 % des hommes voient leur chute stabilisée après 12 mois de traitement continu. Le finastéride ne restaure toutefois pas les zones déjà complètement dégarnies : il est le plus efficace lorsqu'il est débuté tôt, avant qu'une calvitie complète ne soit installée. Pour les stades avancés, une greffe capillaire reste nécessaire ; la combinaison finastéride + greffe est souvent considérée comme la stratégie la plus complète.
Le bénéfice ne se maintient que tant que le traitement se poursuit : à l'arrêt, la DHT remonte et la chute reprend progressivement sur plusieurs mois.
3. Effets secondaires : ce que disent les autorités de santé
Des effets secondaires sexuels (baisse de libido, troubles de l'érection) sont rapportés chez environ 1 à 2 % des utilisateurs dans les essais cliniques, généralement réversibles à l'arrêt du traitement. L'ANSM et l'Agence européenne du médicament (EMA) ont toutefois renforcé leurs alertes sur des effets psychiatriques (dépression, idées suicidaires) et sur le syndrome post-finastéride : dans certains cas signalés, des troubles sexuels ou psychiques peuvent persister durablement après l'arrêt du traitement, y compris plusieurs années plus tard.
L'EMA considère que la balance bénéfice/risque du finastéride oral reste globalement positive à condition d'un encadrement renforcé. L'ANSM, elle, a jugé cette balance plus défavorable pour une indication non vitale comme l'alopécie, ce qui a motivé la nouvelle réglementation française.
4. Nouvelle réglementation en France (2026)
⚠️ Ce qui change depuis avril 2026
Depuis le 16 avril 2026, toute nouvelle prescription de finastéride 1 mg oral en France nécessite la signature d'une attestation d'information partagée, cosignée par le médecin et le patient. Ce document, valable un an, formalise que le patient a été informé des bénéfices, des risques et des alternatives. Sans cette attestation, le pharmacien a l'obligation légale de refuser la délivrance.
Pour les patients déjà sous traitement, l'attestation devient obligatoire à partir du 16 juin 2026 lors du renouvellement. Cette mesure ne concerne que le finastéride oral — le finastéride topique, en développement, présente des concentrations sanguines nettement inférieures et n'est pas soumis à cette obligation.
5. Pour qui, et à quelles précautions ?
- Contre-indiqué chez la femme, notamment enceinte ou en âge de procréer : risque de malformation des organes génitaux d'un fœtus masculin
- Une femme enceinte ne doit pas manipuler de comprimés écrasés ou fragmentés
- Discussion préalable avec un médecin recommandée en cas d'antécédents psychiatriques
- Traitement à prendre en continu : l'efficacité n'est évaluable qu'après 6 à 12 mois
Cause associée
Le finastéride traite la cause hormonale de l'alopécie androgénétique. Il est souvent associé au minoxidil pour une efficacité combinée.
📚 Sources
- VIDAL — Finastéride : substance active à effet thérapeutique
- ANSM / Vidal — Finastéride 1 mg : renforcement des conditions de prescription (2026)
- Base de données publique des médicaments (base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr) — RCP Finastéride
Contenu à visée informative, ne remplaçant pas une consultation médicale.